Le titre de l’album annonce un ordre que le disque inverse : on commencera par le Premier Quatuor avec piano, fait piquant et fluide à la fois, assez concerto au fond, Julien Libeer jouant en finesse et caprice, puis on ira au Trio, d’un giocoso très opéra, le piano restant l’acteur sans pour autant éloigner les cordes : le décor fait quand même aussi assez concerto.
Les choses changent avec la Sonate pour violon en fa majeur, Pierre Colombet sera le maître d’œuvre, son archet giocoso entraînant les fusées de l’Allegro, se régalant des merveilleuses variations, perle du disque qui montre un duo parfait dans les émotions comme dans le brio : ces deux-là feraient bien de poursuivre « leur » Mozart.
La nuance de mélancolie absolue qui introduit la sublime Sonate en mi bémol majeur montre Julien Libeer seul. Cette élégance, cet air de ne pas y toucher, le piano doré qui s’amuse aux deux Menuets, le giocoso avec un peu d’ombres de l’Allegro font déjà regretter la fin du voyage.
LE DISQUE DU JOUR
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Quatuor pour piano, violon, alto et violoncelle No. 1 en sol mineur, K. 478
Trio pour piano, violon et violoncelle No. 3 en si bémol majeur, K. 502
Sonate pour piano et violon [No. 25] en fa majeur, K. 377/374e
Sonata pour piano No. 4 en mi bémol majeur, K. 282/189g
Julien Libeer, piano
Pierre Colombet, violon
Máté Szücs, alto
Eckart Runge, violoncelle
Un album du label harmonia mundi HMM902699
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