Choix terrible mais apparemment assumé : regrouper les gravures beethovéniennes que Kempff engrangea pour Grammophon – (pas encore Deutsche) – durant la guerre. Beethoven fut au quarantenaire, revenu de ses années de virtuose par nécessité – il l’enregistra avant, il l’enregistrera après – au sens propre comme au sens figuré, une planche de salut Continuer la lecture de Kriegzeit
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L’Ukrainien de Londres
Le 2 février 1921, le public londonien découvre Leff Pouishnoff, ébahi devant la perfection de son jeu. Ernst Newman le célèbre dans un article resté fameux où son art si précis, son sens aigu des rythmes, une façon de jouer un rien sec qui semblait Continuer la lecture de L’Ukrainien de Londres
Le piano de la Pologne
Après avoir réédité les enregistrements européens de Paderewski, voici qu’APR publie in extenso les gravures américaines consenties à Victor entre 1914 et 1931, ensemble fascinant qui permet de saisir une autre face de l’artiste.
Si, à Londres, Paderewski surveillait son style, épuisé par Fred W. Gaisberg Continuer la lecture de Le piano de la Pologne
Le piano du magicien
De l’immense legs que Walter Gieseking engrangea pour Columbia Londres, les Debussy seuls sont régulièrement réédités – j’en attends sous peu une nouvelle édition – les Ravel déjà moins, et les concertos auront tous reparu, mais les autres gravures ?
Après un double album consacré aux enregistrements Homocord, voici qu’APR ose ouvrir la boîte de Pandore, nous faisant retrouver d’un coup les albums Schumann, Schubert et Brahms enregistrés à Abbey Road au long des années cinquante. Continuer la lecture de Le piano du magicien
La perfection
Belle idée, rassembler les gravures russes que Louis Kentner grava pour le 78 tours : ses Études de Liapounov où la virtuosité ne se fait jamais voir sont restés des modèles, je suis bien curieux d’entendre ce que Florian Noack, qui s’apprête à les enregistrer, aura appris à leur fréquentation.
Son Islamey de Balakirev, plus indolente, plus « Shéhérazade » que celles de tant de bêtes d’estrade, est un conte magique où tout l’orient s’engouffre, poème de sons. Car Louis Kentner fut un maître des timbres.
Pur produit du Conservatoire de Budapest, ami de Bartók et créateur en Hongrie de son Deuxième Concerto, futur beau-frère et partenaire de Yehudi Menuhin, établi à Londres dès 1935, il laissa un legs discographique immaculé, dont ces 78 tours de répertoire russe n’illustrent qu’une face. Lorsque l’on sait qu’il donna sur les ondes de la BBC l’intégrale des Sonates de Beethoven et de Schubert ! Cela fut-il seulement conservé ? Peu probable, hélas.
La publication d’un inédit absolu complète cet album impeccable, et quel ! Rien moins que la Sonate de Liszt, bouclée en un peu moins de vingt-huit minutes, entreprise avec un naturel et un aplomb qui en 1948 font entendre que Kentner jouait comme toujours en classique, construction parfaite, sens du récit, couleurs subtiles, et cette conscience de l’harmonie : voilà qui rend cette parution d’autant plus indispensable et son long séjour aux enfers du disque incompréhensible.
LE DISQUE DU JOUR
Mili Balakirev (1837-1910)
Sonate pour piano No. 2
en si bémol mineur
(enr. 2 juin 1949)
Islamey, fantaisie orientale, Op. 18 (enr. 14 juin 1944)
Rêverie en fa majeur
(enr. 15 juin 1944)
Mazurka No. 6 en la bémol majeur (enr. 14 avril 1944)
Sergei Liapounov (1859-1924)
12 Études d’exécution transcendante (enr. Décembre 1949)
Franz Liszt (1811-1886)
Sonate pour piano en si mineur, S. 178 (enr. 28 mai & 4 juin 1944)
Louis Kentner, piano
Un album de 2 CD du label APR 6020
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Photo à la une : Dessin de René Shapshak : Louis Kentner (détail) – Photo : © DR