Un mystère … alors que les violonistes de la jeune génération se sont appropriés les concertos de Korngold, de Hartmann, de Szymanowski, les deux grands opus que leur consacra Bohuslav Martinů demeurent peux courus. Lorenzo Gatto Continuer la lecture de Paris-New York
Archives par mot-clé : Concertos pour violon
L’esprit de Kochanski
Le mystère élégant que distille l’archet si long de Lisa Batiashvili dans la phrase murmurée qui ouvre l’Andantino du Premier Concerto, n’est-ce pas la résurrection de la sonorité idéale que Sergei Prokofiev trouvait au violon de Pavel Kochanski ?
La finesse de la chanterelle de la violoniste évoque bien cette perfection sonore si lyrique, quelques instants plus tard elle élancera son archet comme une ballerine, car il y a dans le Premier Concerto une chorégraphie des sons qui reconduit toujours à ces plages de quasi silence où soudain l’aigu du violon scintille des étoiles pâles. Quelle poésie ! où s’engage le subtil lacis sonore d’un orchestre léger réglé au millimètre près par Yannick Nézet-Séguin.
Le Second Concerto, écrit pour la grande sonorité de Robert Söetens, est autrement amer, nocturne dont Lisa Batiashvili dit le récitatif initial avec des couleurs de contralto. Ces timbres profonds semblent inépuisables, comment ne pas entendre à quel point ils rappellent ceux de David Oistrakh, modèle probablement avoué. La puissance expressive de cette conception encore augmentée par la perfection d’une sonorité radieuse s’accorde aux ténèbres symphoniques que Yannick Nézet-Séguin compose : le concerto se mue en un vaste poème lyrique automnal.
À cette paire parfaite s’ajoute trois arrangements signés Tamas Batiashvili, extraits de Roméo et Juliette, de Cendrillon, de L’Amour des trois oranges (la fameuse Marche), mais c’est aux Concertos que vous irez d’abord, en espérant que demain l’accord parfait réunissant la violoniste et le chef s’étendra aux Concertos de Szymanowski.
LE DISQUE DU JOUR
Sergei Prokofiev
(1891-1953)
Concerto pour violon et orchestre No. 1 en ut majeur, Op. 19
Concerto pour violon et orchestre No. 2 en sol mineur, Op. 63
etc.
Lisa Batiashvili, violon
Orchestre de Chambre d’Europe
Yannick Nézet-Séguin, direction
Un album du label Deutsche Grammophon 002894798529
Acheter l’album sur Amazon.fr – Télécharger ou écouter l’album en haute-définition sur Qobuz.com
Photo à la une : La violoniste Lisa Batiashvili – Photo : © Sammy Hart/Deutsche Grammophon
Rapsodies infinies
Jeune homme, Christian Tetzlaff enregistra parmi ses premiers disques pour Virgin un amer Second Concerto de Bartók sous la direction glaciale de Michael Gielen, disque manifeste où paraissait également une Sonate pour violon seul qui aura fait florès Continuer la lecture de Rapsodies infinies
Classicisme
Voilà que Frank Peter Zimmermann nous prend à rebours ! Je l’attendais tonitruant et dansant dans ses Concertos de Bach, il les joue amples, serrés, tenus, brefs d’accents, classiques de ligne, avec derrière les carrures marquées Continuer la lecture de Classicisme
Tropisme nordique
Max Bruch sera passé à la postérité par ses Concertos pour violon et sa Fantaisie écossaise, tant aimés des virtuoses qui ne les ont jamais laissés quitter le concert, partie émergée d’une œuvre bien plus vaste que l’on découvre progressivement. Ses oratorios Odysseus et Arminius dévoilent Continuer la lecture de Tropisme nordique