Tout un disque de cahiers de Variations est rarement osé, même chez les Beethovéniens les plus fervents, les Diabelli leur suffisent, à la rigueur les Eroica ; au fond, seul Brendel dans ses jeunes années Vox y aura été voir et plus près de nous, Cécile Ousset. Mais l’année Beethoven s’annonçant Continuer la lecture de L’art de la variation
Archives par mot-clé : Mirare
Sixième station
Le voyage continue. Pierre Hantaï aura abordé Scarlatti de Rameau : à deux ans près, ils sont contemporains, l’occasion de porter cet éclairage singulier aura tôt fait d’exalter ce qui chez Scarlatti est absolument moderne comme chez Rameau ce qui sera révolutionnaire Continuer la lecture de Sixième station
Simplicité
Le génie ingénu que Mozart aura mis à ses sonates pour pianoforte rayonne dans l’Allegro qui ouvre la Sonate en si bémol majeur. Si l’on y force le son, c’est un peu Beethoven qui risquerait de paraître dans la diction du second thème. Non, il ne faut pas, il faut jouer cela comme si on le lisait à l’improviste.
Certainement, Anne Queffélec aura longtemps songé à ce début difficile car au fond trop simple, et puis elle l’aura joué, laissant faire la musique, se rendant à elle. C’est assez bouleversant cette simplicité si intime, ce naturel qui touche au cœur. Il faut dire que pour Mozart elle a toujours un don du bon Dieu, sa main fine, élégante, qui sait faire sonner sans frapper, est faite pour ce clavier de lumière. Tout le disque s’effeuille dans ce mi conversation-mi confession, et lorsque le ton vient au mode mineur, c’est une inquiétude légère mais précise qui vient ombrer les phrases. Quel art de faire passer tout dans un geste qui effleure et les sentiments et les notes.
Trois sonates, écoutez comment chantent l’Andante de la si bémol et son petit théâtre d’ombres cantabile, l’Adagio de la fa majeur comme caressé d’une nostalgie onirique … si ce n’est pas La Comtesse qui chante dans ce piano !
La Sonate « Alla Turca » peut être un piège. Anne Queffélec sait que la vraie merveille est le Tema con variazione, Mozart y est sur une corde raide, c’est une musique délicieuse certes, mais surtout d’une profondeur de sentiments que les variations doivent montrer et non masquer : pas un divertissement. La fête, le Finale façon janissaire s’en chargera. Anne Queffélec le stylise, le croque, en doigts fins, avec de tendres ironies.
Même si ce que je voudrais d’elle serait d’abord l’intégrale des Concertos, comment ne pas faire fête à ce beau disque où elle est tout entière ?
LE DISQUE DU JOUR
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Sonate pour piano No. 11 en la majeur, K.331/300i
Sonate pour piano No.12 en fa majeur, K.332/300k
Sonate pour piano No.13 en si bémol majeur, K.333/315c
Anne Queffélec, piano
Un album du label Mirare MIR426
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Photo à la une : la pianiste Anne Queffélec – Photo : © DR
Poésie transcendantale
Il fallait l’oser ! Les Douze études de Sergei Liapounov eurent leur prophète : Louis Kentner y résuma son art par deux fois. La complexité du cahier, qui exige que la virtuosité de son interprète soit invisible et demande un jeu incroyablement félin Continuer la lecture de Poésie transcendantale
Chants du soir
La musique vocale de Couperin est quasi toute pour l’église, mieux pour le couvent. Ses Leçons de Ténèbres épurées, loin des folies ultramontaines qu’y joignaient Charpentier ou même parfois Lambert, sont revenues en grâce depuis l’enregistrement pionnier de Nadine Sautereau et de Janine Collard (Erato), au point de ravir la vedette aux divers cahiers de Charpentier justement. Continuer la lecture de Chants du soir