Pour un premier disque, il fallait oser ce qui, au fond, est un album César Franck, c’est-à-dire oser jouer non seulement Prélude, Choral et Fugue (et avec quelle densité de son et de propos !) mais aussi le splendide Prélude, Aria et Final autrement difficile Continuer la lecture de Les ombres de Franck
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Subtilité
C’est entendu : de sa viole de prophète, Jordi Savall aura réinventé Marin Marais. Se doutait-il que son travail longtemps solitaire ouvrirait la voix à cette renaissance de cet instrument, renaissance dont Marais restera toujours l’heureux bénéficiaire Continuer la lecture de Subtilité
Discours du Prince
En musardant dans le 5e volume de cette patiente intégrale – ou anthologie, je ne sais plus trop quel est le souhait final de Pierre Hantaï – d’où me vient le sentiment que l’ombre de Gustav Leonhardt s’y profile plus qu’en aucun des précédents ? Ombre projetée par un vaste soleil, cela va sans dire.
Car si la danse est toujours aussi présente, elle se stylise, s’épure, Pierre Hantaï écoutant plus l’harmonie, stupéfiante, que le mouvement impérieux : les lignes chantent, l’espace du clavecin s’ouvre, plus vaste, plus audacieux, et lorsque il fait résonner le thème des Cyclopes de Rameau dont Scarlatti fit son miel pour le quasi fandango de la Sonate K. 475, c’est tout l’univers des claviéristes européens qui prend forme, comme précipité dans la langue scarlattienne qui les résumerait tous, de Bach à Rameau, en de fulgurantes ellipses.
Stupéfiant portrait d’une œuvre démiurgique qui juge et jauge ses contemporains mais aussi l’histoire de l’instrument, que le claveciniste français anime avec sa verve coutumière, son sens des couleurs qu’il jette à foison, surtout cette volonté de tout exposer du texte, ce qui chez Scarlatti exalte l’incroyable modernité d’une syntaxe que les Espagnols feront perdurer sans jamais pouvoir en retrouver le génie si libre, si altier.
Il faut dire que le si rayonnant clavecin conçu en 2004 par Jonte Knif d’après des instruments allemands du XVIIIe siècle est en soi une invention sonore dont les timbres, le clavier chantant, l’ampleur rayonnante s’accordent parfaitement à l’univers de Scarlatti, c’est aussi l’intelligence du programme qui fait tout le prix de ce nouveau volume, où alternent sur un plan savamment agencé par concordance de tonalités des sonates courues et d’autres moins jouées qui sont toujours de singulières découvertes, surtout modelées ainsi dans toute leur densité de rythmes et d’épices harmoniques. Vite, la suite.
LE DISQUE DU JOUR
Domenico Scarlatti (1685-1757)
Sonates, Vol. 5
Sonate pour clavier en si bémol majeur, K. 551
Sonates pour clavier en mi bémol majeur, K. 474, 475, 252 & 253
Sonates pour clavier en sol majeur, K. 547 & 124
Sonate pour clavier en si mineur, K. 87
Sonate pour clavier en mi majeur, K. 28
Sonate pour clavier en la majeur, K. 211
Sonates pour clavier en ré majeur, K. 401, 388 & 277
Sonate pour clavier en ut majeur, K. 157
Sonate pour clavier en fa mineur, K. 238
Sonate pour clavier en fa majeur, K. 205
Pierre Hantaï, clavecin
Un album du label Mirare MIR326
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Photo à la une : © Jean-Baptiste Millot
Du style
Après tout un disque Bach, tout un disque Beethoven. Il ne faut pas avoir peur. Le comble serait évidemment de réussir aussi pleinement le second que le premier.
Cette fois encore, le programme fait beaucoup Continuer la lecture de Du style
Retour chez Goldberg
En 1990, Dominique Calace de Ferluc enregistrait les Variations Goldberg selon Zhu Xiao-Mei ; elles firent sa légende : ce clavier qui coule d’une source pure ne s’y était plus entendu Continuer la lecture de Retour chez Goldberg